Mieux se comprendre pour mieux apprendre

Génération Y : mode d’emploi

Sylvie Laidet © Cadremploi.fr – Publié le 20.03.09

Agé
de 14 à 30 ans, je suis né avec une télécommande entre les mains (et
une souris), je suis bien sûr inscrit sur Facebook, j’ai fait de
longues études (ou je m’apprête à en faire), je ne supporte pas
l’autorité pour l’autorité, je suis un zappeur né… Qui suis-je ? Un Y !

Bingo, je fais effectivement partie de la génération Y autrement
baptisée génération du millénaire, génération numérique… Aujourd’hui,
tous ces jeunes nés entre 1979 et 1995 représentent 20 % de la
population française. Ce qui les caractérise ? Les quatre « i » :
individualisme, impatience, interactivité et interconnexion. Tout un
programme. Notamment quand ils débarquent dans le monde du travail.
Elevés par des parents peu présents, car happés par leur travail, ces
jeunes sont habitués à tout négocier, à tout avoir.

En entreprise, c’est pareil. Là, où leurs
aînés, les X ou les boomers, considéraient avoir des devoirs, eux
estiment avoir des droits. Une négociation de salaire ? Quelle
négociation ? « Le salaire, enfin, un bon salaire est un acquis car il
va de pair avec la reconnaissance de leurs compétences », souligne
Alexandre Le Helley, consultant formateur chez ITC. Leur force, c’est
effectivement leurs compétences. Même s’ils ne transigent pas avec
l’équilibre vie privée vie professionnelle (et le font savoir), les Y
ne supportent pas la médiocrité et la facilité. Aussi exigeants envers
eux-mêmes qu’envers leur employeur, ils sont prêts à s’investir
pleinement dans un job utile et qui a du sens. En permanence connecté
au monde et à leur entourage via leurs téléphones, les réseaux sociaux,
les messageries instantanées… les « Y-ers » sont réputés très créatifs
et multitâches.

«A durée égale, ils sont capables
de traiter une centaine d’informations, contre 30 à peine pour leurs
aînés. En revanche, au niveau de la rétention, l’avantage est aux X. La
génération Y préfère un traitement en surface et a également du mal à
se concentrer sur un sujet donné », constate Alexandre Le Helley.  La
quête de connaissances et le travail en équipe avec leurs collègues et
leur chef font partie de leurs exigences. Pour être respecté, ce
dernier doit évidemment être compétent et irréprochable. Sinon, point
de salut. Le Y aime aussi être considéré par son entreprise et qu’on
lui fasse confiance. Il s’attend à être consulté et à pouvoir donner
franchement son avis. Même s’il manque parfois de justesse et de
pertinence. Ce sera à l’employeur de lui démontrer qu’il a tort. Et il
a intérêt à être convaincant car même en temps de crise, les « Y-ers »
n’ont que faire de la sécurité de l’emploi. D’ailleurs ces jeunes ont
toujours leur CV à jour et les sites d’emploi parmi leurs favoris
internet. Les entreprises sont prévenues ! 

Manager les Y : les cinq commandements

Ils ne travaillent pas comme vous, ils ne parlent
pas comme vous, ils ne pensent pas comme vous, ils zappent en
permanence d’un dossier à un autre… Les martiens seraient-ils parmi
vous ? Non, vous êtes tout simplement entourer de collaborateurs issus
de la génération Y. Voici cinq commandements de base pour vous aider à
les diriger.

1. De
flexibilité, tu feras preuve : impossible de demander à un Y de se
plier à des règles sans lui en avoir expliqué les tenants et les
aboutissants. Inutile par exemple de pester contre un Y qui envoie des
SMS perso durant la journée, qui réservent son prochain voyage sur
internet ou qui « skype » avec ses copains américains. « A partir du
moment où ces agissements ne mettent pas en péril le business de
l’entreprise, le manager doit faire preuve d’une certaine flexibilité
», insiste Jocelyn Rémy, directeur de Seyes Consulting et associé de
http://www.generationy20.com. Idem pour leur tenue vestimentaire, peu importe
qu’ils portent des jeans ou des piercings si cela n’a pas d’impact
négatif sur les clients.

2. De la verticalité, tu t’affranchiras
: le Y fait fi de tous les grades et autres titres. « Pour lui, le
manager n’est ni un chef ni une autorité, mais un support et un
facilitateur de business », certifie Alexandre Le Helley, consultant
formateur chez ITC. Inutile de lui imposer des strates hiérarchiques,
le « Y-er » aime le travail en mode projet, où tous les services de
l’entreprise se retrouvent pour avancer ensemble sur un dossier. « Le
manager doit travailler avec eux, pas au dessus d’eux », renchérit
Jocelyn Rémy. Pour eux, peu importe votre titre, pourvu que vous soyez
compétent et crédible. Votre savoir-faire leur importe autant que votre
savoir-être. Donc exit l’autoritarisme !  

3. Dans la minute, tu leur
répondras. L’un des 4 piliers de la génération Y est l’impatience.
Biberonnés à Google, ces jeunes Y sont à quelques clics de milliards
d’informations, alors ils attendent souvent de leur manager la même
réactivité que le Net. Pour eux les mails appartiennent déjà au passé.
C’est en temps réel, par chat, messagerie instantanée et autres Skype
qu’ils communiquent. Sans céder à leur pression, mettez-vous en mode «
live » tout en modérant leur impatience. Une réponse de vive voix au
détour d’un couloir fera aussi bien l’affaire. De même, devancez
l’entretien annuel d’évaluation. « Un bilan d’étape par trimestre
permet de faire un point sur les engagements respectifs. Les Y se
projettent à court terme », souligne Daniel Ollivier, directeur associé
de Thera Conseil-Groupe Efficea, co-auteur d’un livre sur cette
génération.*

4. Des missions
passionnantes, tu leur offriras : « dites-moi pourquoi je devrais venir
dans votre entreprise et pas ailleurs », voilà résumée la devise des Y.
« Contrairement aux idées reçues, ils ne recherchent pas la facilité
mais des postes à forte valeur ajoutée. Des boulots qui ont un sens et
qui participent à leur développement personnel. Ils sont en quête
permanence de connaissance et d’apprentissage », souligne Alexandre Le
Helley. A vous de leur fixer des objectifs clairs et précis, de leur
expliquer leur rôle et leur place dans l’organisation. En revanche, pas
question de les tenir par la main jusqu’au bout. Les Y sont beaucoup
plus autonomes que leurs aînés. A vous de déléguer et d’accepter une
prise de risque mesurée.

5. Leur boulot, tu
reconnaîtras : attention, on ne badine pas avec la reconnaissance du
travail des Y. « Un bon manager félicite ses équipes sinon ce n’est pas
un bon manager » avertit d’emblée Alexandre le Helley du cabinet ITC.
Au même titre que la formation et la rémunération, la reconnaissance
est un droit inaliénable selon les Y. Pour cela, rien de tel que de
leur accorder un jour « off ». De quoi satisfaire leur équilibre
professionnel, familial et social.

* Génération Y, mode d’emploi, Daniel Ollivier, Catherine Tanguy, De Boeck, 2008

http://www.cadremploi.fr/edito/actu-et-conseils/vie-professionnelle/efficacite-professionnelle/d/1/manager-les-y-les-cinq-commandements.html

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